[Lino Calembert, marionnettiste verbal au doigté délicat,
nous fait ici le plaisir d’un premier texte onirophyse.]
« Thibault »
La voix monte d’une bouche troublante
« Thibault, t’es beau »
Et ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd
Depuis Thibault, mec bien monté
Fait un tabac, tribal tombeur
Tombe la chemise, tombe les filles
Pour mieux les monter
Tombent des nues
Et des moins nues
Qui montent en amazones
Tombent avec les honneurs
Ou tombe du soldat inconnu
Thibault tombeur monte les tours
Tombent bastions de ses victimes
Thibault frondeur monte les tares
Monte les torts tombe en estime
Thibault tango et merengue
Battre le blanc qu’il monte en neige
Mais l’amant l’humeur mélomane
L’entend tomber molle sur Liège
Tomber, monter, pour Brel une vérité vaine
Le mâle aimé le malmené murmure « maman »
Il bredouille brûle brille braille et bêle, le bel amant
Tombe amoureux, bonté divine, montée humaine
Monte amoureux monte malade
Montent Celsius comme au solstice
Le sang aux tempes monte au supplice
Mantes religieuses mettez la table
Il renaît renoue revit
Ne s’est jamais senti aussi bien aussi mal de sa vie
Ça tombe bien
La résurrection de Lazare fait bien les choses
Lui qui jamais n’avait pensé
Être massepain sur pièce montée
Lui qui croyait que les anneaux
Épousent à tort les phalanges
Il rêve d’y monter cristaux
D’en passer un au doigt de l’ange
Qu’il a déchu de quelques ciels
Tombent des nues et des moins nues
Des ingénieuses des ingénues
Sept ciels, c’est déjà ça.